Politique Bénédicte Herrgott, candidate du Front de gauche

Publié le par PCF 67

« L’urgence absolue de porter d’autres idées »

Photo bénédicte

Bénédicte Herrgott, candidate du Front de gauche aux élections législatives savernoises. Photo DNA — Emmanuel Viau

 

Dans la circonscription de Saverne, c’est le Front de gauche qui lance la campagne des élections législatives. Sa candidate Bénédicte Herrgott, souvent sollicitée par ses pairs, a cette fois accepté de relever le défi de la plus difficile des campagnes politiques. Ceci, dans un contexte local tendu à droite, et alors qu’au plan national on reparle encore de la crise…


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Les législatives sont sans doute les élections les plus difficiles pour un acteur politique. D’abord parce que le territoire est grand, et qu’il faut l’arpenter de village en village. Ensuite parce que les enjeux politiques, éminemment nationaux depuis le quinquennat et qui donc échappent en partie au candidat, ont un fort impact sur le vote.

Ce qui, dans le cas du Front de gauche, n’est pas forcément un problème : dans une circonscription traditionnellement marquée à droite depuis l’après-guerre, on ne pense pas ici à la victoire, mais à diffuser les idées anticapitalistes. Et, pour ce faire, cette période de crise peut paraître assez propice...

Le Front de gauche, localement, c’est quoi ?

Depuis 2009, c’est un rassemblement de différentes composantes, avec le parti communiste, le parti de gauche, la gauche unitaire, le parti communiste des ouvriers de France (mais pas le NPA, ndlr).

Quels sont ses objectifs ?

À court terme, sortir de la crise, rompre avec les politiques libérales de dégradation des conditions de travail et de casse des services publics. Deuxièmement, mettre au cœur de toutes les décisions l’être humain et la satisfaction de ses besoins fondamentaux. Pour cela, il faut se détacher des marchés financiers et de la logique de rentabilité à court terme. Au niveau de l’État, ça suppose aussi une reprise en main des décisions.

Vous êtes utopiste ?

C’est souvent ce qu’on nous dit. Mais tout ça, c’est très concret. Et puis, être utopiste, pourquoi pas? C’est comme ça que les choses peuvent changer.

Votre candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a dit : « Le rouge est de retour ». Qu’est-ce que ça signifie ?

C’est la rupture avec l’ordre établi, avec des manières de faire de la politique, de produire, de prendre des décisions. Une rupture liée à des colères, à une volonté de résister, de rompre avec le mal-être, la pauvreté, les inégalités creusées depuis le milieu des années 80.

En ce sens, le récent sursaut de la crise dans l’actualité est une opportunité pour vous ?

Une opportunité, bien sûr que non. Mais on constate que ce n’est pas la crise pour tout le monde. Les difficultés bancaires, la crise pour se loger, le chômage qui augmente. C’est la crise d’un système de production qui est insoutenable.

Y a-t-il des enjeux plus locaux ?

Les lignes de chemin de fer qui ferment. Quand les hôpitaux sont mis à mal, comme au Neuenberg. Quand des classes ferment ou des formations disparaissent. Quand une baisse de la fiscalité au niveau national se répercute en hausse d’impôts au niveau local. Un jour, je distribuais des tracts et j’ai rencontré une jeune femme qui pleurait en disant « je n’arrive plus à nourrir mon gamin ! » Et ça se passait à Saverne !

Le débat politique dans la région est depuis un certain temps monopolisé par les deux mêmes candidats de droite. Y a-t-il une place pour vous ?

Les gens ont peut-être peur de changer, le discours ambiant leur dit d’avoir peur de la crise. Mais il s’agit de reprendre en main la discussion. Ces deux candidats sont à droite, ils défendent les valeurs de la politique contre laquelle on se bat. Et puis, dans la circonscription, il n’y a pas que Saverne : Marmoutier a une grande histoire ouvrière, Hochfelden avait des industries, Bouxwiller et La Petite-Pierre ont des enjeux différents liés à la rurbanisation, et Sarre-Union a des problématiques rurales, comme l’accès à la santé et les transports.

Au plan national, le Front de gauche insiste sur la laïcité. Quid du Concordat alsacien-mosellan ?

C’est vrai que nous avons un attachement très fort à la laïcité, qui incite à séparer les sphères publique et privée, pour respecter les croyances de chacun. Pour ce qui concerne l’Alsace, il y a une diversité d’opinion au sein du Front de gauche. Je pense qu’il faut mettre tout à plat à propos du Concordat et discuter, tout en gardant le cadre national de la laïcité garante de la cohésion sociale.

Comment vous positionnez-vous par rapport au PS et au FN ?

Le PS, on veut l’inciter à rompre avec l’idée qu’on peut aménager le système économique actuel. Le FN est très à droite, il défend des principes d’exclusion et de repli qui n’ont rien à voir avec les valeurs qu’on peut défendre. Il désigne des coupables mais ne réglera rien, parce que son programme économique est à droite.

C’est la première fois que vous êtes candidate à une élection, hors scrutin de liste.

Jusqu’à présent, je n’étais pas à l’aise avec l’idée d’une élection uni-personnelle, au scrutin uninominal. Je préfère le scrutin de liste. J’accepte de me présenter uniquement parce qu’il y a un travail collectif, avec l’urgence absolue de porter d’autres idées. »

Publié dans 2012

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