Le 6 novembre à Strasbourg : Une manifestation sous escorte clownesque.

Publié le par PCF 67

Manif Clown

Cette nouvelle journée de mobilisation a commencé bien avant la veille par un matraquage médiatique annonçant infléchissement du mouvement, démobilisation et baroud d’honneur des syndicats. Au point qu’il aurait quasiment fallu le 06/11/2010 à 14:00, dire à tous ces manifestants convergeant vers la place de la République de rentrer chez eux car selon les prévisionnistes, ils n’auraient pas du être là !

Ce fut sur plus de 2 km une succession de banderoles, de panneaux, de drapeaux, de camions assurant spectacle et décibels, portés, supportés et entourés par 7.000 marcheurs, cyclistes et roller-skateurs selon les organisateurs. 7.000 selon les organisateurs,  4.000 selon les Dernières Nouvelles d’Alsace… Les syndicats étaient bien présents et la palette des coloris tirait beaucoup vers le rouge CGT et l’orange CFDT, mais les blancs-bleus UNSA et CFTC n’étaient pas en reste, ainsi que la FSU, et Sud-Solidaires qui assurait le spectacle avec le duo Johny-Sarko. Il y avait même une ligne de blancs CFE-CGC et FO fermait la marche.

Dans le cortège s’étaient glissés l’ABCDE67-MNCP, défendant la cause de chômeurs et des précaires touchés de plein fouet par la contre-réforme des retraites. L’organisation Femmes Egalité marchait avec les Poupées en Pantalon, appelant à une manifestation aux flambeaux à 19h00 place Kléber sous le slogan « Un enfant quand je veux, si je veux ! Notre corps nous appartient toujours ! ». Sujet d’actualité, mais aussi parfaitement en phase avec la question des retraites et les carrières des femmes.

Les mouvements et partis politiques avaient également répondu présents à l’appel. Une petite délégation du Deutche Kummunist Partei de l’arrondissement d’Ortenau (D) battait pavillon aux côtés du PCF 67 distribuant tracts et cahiers citoyens. Le Parti de Gauche se tenait à proximité. Le NPA et LO assuraient également une indéfectible présence. Le PS marchait en ordre derrière sa banderole. Le Collectif Jeunes rassemblant entre autres les mouvements Jeunes Socialistes, Jeunes Communistes, Jeunesse Ouvrière Chrétienne, Union Nationale des Etudiants de France, témoignait d’un dynamisme et d’une détermination à toutes épreuves. Innovation : cette fois ci les anarchistes ont défilé sans le double cordon policier les prenant en sandwich !

Manif 6 nov

Autre innovation, les habituels fonctionnaires de police assurant la sécurité du cortège se sont vus soutenus et appuyés par une brigade de clowns sortis de nulle part mais déterminés à aller jusqu’au bout. Réglant la circulation, filmant les manifestants, effectuant des contrôles d’identité  à l’emporte-pièce, verbalisant pour défaut de sourire, ces catalyseurs du rire ont avec beaucoup de finesse joués dans le registre de la provocation tout au long du cortège.

Dresser une pyramide des âges des participants serait intéressant, car il n’y avait pas d’absents. Cependant, alors ils pourraient tranquillement rester chez eux et s’économiser, le nombre toujours important de retraités en marche questionne positivement sur le thème de la solidarité nationale.

Une fois arrivée place Kléber, la dispersion de la manifestation s’est effectuée sans heurs sur un mode plutôt festif, mais avec au préalable des prises de paroles militantes annonçant la poursuite du mouvement et dénonçant clairement la démarche du président Sarkozy qui « met abusivement et constamment en avant le mandant obtenu en 2007 par les urnes, pour légitimer aujourd’hui la casse du Programme du Conseil National de la Résistance. ».

Florilège de slogans : « Quant tout sera privé… on sera privé de tout ! », « La démocratie pour LE nul. Ouvrage en édition très limitée à un seul exemplaire. »,  « Hé toi ! Tu es concerné(e). Sors de là et bats-toi, comme tous ceux qui ont des couilles… », « Sarko, tu as écrasé l’opinion des Français. En 2012 les Français t’écraseront. », « Sarko, ton arrogance et ton mépris te coûteront ta tête en 2012. », « Etudiante à 20 ans, chômeuse à 25 ans… et toujours précaire à 67 ans ? Non, merci ! », « Pas une année de plus ! Pas un euro de moins ! », « Les barbares : Reagan, Tatcher, Sarkozy, Fillon. Dureté et rigidité son compagnons de la mort. Les civilisés : Le peuple en marche. Fragilité et souplesse sont compagnons de la vie. La paix se construit par la justice, pas par le mépris. », « Pour renflouer notre caisse de retraites : faire cotiser les robots !!! », « Ecoles : Voulez-vous de vieux croûtons pour vos petits lardons ? », « Si tu gagnes moins de 4.000€/mois, croire que ce combat n’est pas le tien nuit gravement à ton avenir et à celui de tes enfants. », « La retraite à 67 ans ? Pourquoi pas à 69, quitte à se faire baiser…. ».


Jean-Marc Claus

Correspondant Bénévole pour L’Humanité.fr

Publié dans Luttes sociales

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